Lettre écrite par George Sand à Scipion du Roure le 05/01/1837 à Paris

A M. SCIPION DU ROURE, A ARLES.
Paris, 5 janvier 1837.

Quelque temps qu’il fasse, je pars samedi matin et je vous emmène dans une horrible charrette que son propriétaire berrichon a nommée, Dieu me pardonne ? calèche en me la prêtant. Vous n’y serez pas bien, je vous en avertis ; mais vous y serez consolé du froid par les perles de ma conversation. Je crains bien que vous n’invoquiez souvent les charmes de la solitude. Cela ne me regarde pas.

Mettez vos paquets à la diligence. N’ayez avec vous qu’un excessivement petit sac de nuit, et soyez rue du Regard, n° 6, à sept heures du matin, jour ou non, mort ou vif. C’est une drôle de partie de plaisir que je vais vous faire faire !

Si on me dit jamais que vous n’êtes pas mon véritable ami, après pareille épreuve, j’aurai quelque raison de croire au moins à votre persévérance stoïque.

Je ne vous dirai pas un mot de mon amitié aujourd’hui, pour vous punir d’en avoir douté hier.

Tout à vous.

GEORGE.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *