Lettre écrite par George Sand à Armand Barbès le 14/03/1849 à Nohant

À M. ARMAND BARBÈS, A BOURGES.
Nohant, 14 mars 1849.

Cher ami,

J’avais reçu votre lettre du mois de décembre. N’en soyez point inquiet. Si je ne vous ai pas écrit depuis, c’est que j’espérais aller à Paris, et j’aurais bien préféré vous voir; mais je n’ai pu quitter mon île de Robinson. En outre, malgré cette apparence de sérénité dont on doit l’exemple ou la consolation à ceux qu’on aime et qui vous voient de près, j’ai été sous le coup d’un accablement physique et moral que je n’aurais pu vous cacher en vous écrivant.

J’ai eu ensuite la volonté d’aller à Bourges, et j’ai eu à subir des luttes domestiques pour ne pas le faire. Je n’ai cédé que devant cette considération que tous s’accordaient à me présenter: « Vous êtes, me disait-on, la bête noire, le bouc émissaire du socialisme. On veut que vous conspiriez sans cesse, et plus vous vous tenez coite, plus on vous accuse. Si vous allez à Bourges, on cherchera tous les moyens de vous vexer ». A quoi je répondais que cela m’était bien égal; mais on ajoutait aussitôt que « la malveillance de certain parti rejaillirait d’autant sur vous et augmenterait vos chances de condamnation ».

J’ai peine à le croire. Je ne puis me persuader que l’on s’occupe de moi à ce point, ni que nos adversaires eux-mêmes soient assez lâches et assez méchants pour reporter sur vous la haine qu’on leur suppose pour moi. M’a-t-on trompée pour me soustraire à quelque péril imaginaire? Mais il a fallu céder, mon fils se mettant de la partie, et me disant aussi une chose qui m’a paru la seule vraisemblable. C’est que, sans respect pour mon âge ni pour le sérieux de notre destinée et des circonstances, les journaux de la réaction s’empareraient du fait de ma présence à Bourges pour calomnier et profaner la plus sainte des amitiés, par d’ignobles insinuations. Cela, c’est dans l’ordre, et nous savons de quoi ils sont capables. Un journal rédigé par des dévots et des prêtres ne publiait-il pas, il y a quelques années, que j’avais l’habitude de m’enivrer à la barrière avec Pierre Leroux?

Je me serais encore moquée, pour ma part, de ces outrages stupides sur lesquels je suis tout à fait blasée; mais on me remontrait que cela, venant jusqu’à vous, vous affligerait profondément dans votre amitié pour moi, et qu’au lieu de vous avoir porté quelques consolations, j’aurais été pour vous une nouvelle occasion d’indignation et de douleur.

Je vous devais toute cette explication; car mon premier mouvement était d’aller vous voir et embrasser votre digne soeur, et nos premiers mouvements sont toujours un cri de la conscience autant que du coeur. Les réflexions de mes amis et de mes proches m’ont ébranlée, vous serez juge entre nous.

Je ne vous ai écrit qu’un mot par Dufraisse, et rien par Aucante. J’ignorais s’ils parviendraient jusqu’à vous et s’ils pourraient vous remettre une lettre. Dufraisse devait m’écrire à cet égard, en arrivant à Bourges. Il l’a peut-être fait, mais je n’ai rien reçu; il y a peut-être un cabinet noir installé pour la circonstance. De sorte que je serais encore sans nouvelles particulières de vous, si ce bon Emile Aucante n’eût réussi à vous voir. Il m’a dit que vous aviez bon visage et que vous vous disiez tout à fait bien portant.

C’est un bonheur pour moi au milieu de ma tristesse et de mes inquiétudes; car l’avenir nous appartient et il faut que vous soyez avec nous pour le voir. Soignez-vous donc et n’usez pas vos forces. Tenez-vous toujours calme. Il n’est plus de longues oppressions à craindre désormais. Il n’est plus besoin de conspirations sous le ciel. Le ciel conspire, et, nous autres humains, nous n’avons plus qu’à nous laisser porter par le flot du progrès. Il est bien rapide maintenant et toutes ces persécutions dont nous sommes l’objet ont enfin une utilité manifeste, immédiate. Ah! votre sort est beau, ami, et, si vous n’en étiez pas plus digne que nous tous, je vous l’envierais. Vous êtes peut-être l’homme le plus aimé et le plus estimé des temps modernes en France, malgré les terreurs des masses ignorantes suscitées par la perfidie de ceux que vous savez.

Tout ce qui a un peu de lumière dans l’esprit et de droiture dans l’âme se tourne vers vous comme vers le nom entièrement pur, et le symbole de l’esprit chevaleresque de la France républicaine. Vous ne vous préservez de rien, vous, quand tous les autres se mettent à l’abri. Aussi vous traitent-ils de fou, ceux qui ne peuvent vous imiter. Mais, selon moi, vous êtes le seul sage et le seul logique, comme vous êtes le meilleur et le plus loyal. Quelqu’un vous comparait hier devant moi à Jeanne d’Arc, et, moi, je disais qu’après la pureté de Robespierre l’incorruptible (mais le terrible!), il fallait dans nos fastes révolutionnaires quelque chose de plus pur encore, Barbès, tout aussi ferme et aussi incorruptible, mais irréprochable dans ses sentiments de franchise et d’humanité.

Je vous dis tout cela, et pourtant, je n’accepte pas le 15 mai. Ce que j’en ai vu par mes yeux n’était qu’une sorte d’orgie improvisée, et je savais que vous ne vouliez point de cela. Le peuple a, en principe, selon moi, le droit de briser sa propre représentation, mais seulement quand cette expression perfide de sa volonté brise le principe par lequel elle est devenue souveraineté nationale. Si cette Assemblée eût repoussé la République au 4 mai, même si elle se fût constituée, en principe, république aristocratique, si elle eût voulu détruire le suffrage universel et proclamer la monarchie, croyez-moi, le 15 mai aurait été un grand jour et nous ne serions pas où nous en sommes. Mais, quelque mal intentionnée que fût déjà la majorité de cette Assemblée, il n’y avait point encore de motifs suffisants pour que le peuple recourût à ce moyen extrême.

Aussi le peuple se tint-il tranquille, tandis que les clubs seuls agissaient, et nous savons bien que, dans ces mouvements de la portion la plus bouillante des partis, il y a des ambitions d’une part et des agents de provocation de l’autre. Vous rappelez-vous que les jours qui précédèrent ce malheureux jour, je me permettais de vous calmer autant qu’il était en moi.

J’aurais voulu plus de douceur et de patience dans les formes de notre opposition en général. Je trouvais nos amis trop prompts au soupçon, à l’accusation, à l’injure. Je croyais ces représentants modérés meilleurs qu’ils ne paraissaient, je me persuadais que c’étaient pour la plupart des hommes faibles et timides, mais honnêtes dans le fond, et qui accepteraient la vérité si on venait à bout de la leur exposer sans passion personnelle, et en ménageant leur amour-propre encore plus peut-être que leurs intérêts. Je me trompais probablement sur leur compte; car la manière dont ils ont agi depuis prouve qu’avec ou sans le 15 mai, avec ou sans les journées de juin, ils eussent ouvert les bras à la réaction plus volontiers qu’à le démocratie. Mais, n’importe quelle eût été leur conduite, nous n’aurions pas à nous faire le reproche d’avoir compromis pour un temps, par trop de précipitation, le sort de la République.

En somme, je veux vous le dire franchement, et je crois être certaine que c’est aussi voire pensée, le 15 mai est une faute, et plus qu’une faute politique, c’est une faute morale. Entre l’idolâtrie hypocrite des réactionnaires pour les institutions-bornes, et la licence inquiète des turbulents envers les institutions encore mal affermies, il y a un droit chemin à suivre.

C’est le respect pour l’institution qui consacre les germes évidents du progrès, la patience devant les abus de fait, et une grande prudence dans les actes révolutionnaires qui peuvent nous faire, j’en conviens, sauter par-dessus ces obstacles, mais qui peuvent aussi nous rejeter bien loin en arrière et compromettre nos premières conquêtes, comme cela nous est arrivé. Ah! si nous avions eu des motifs, suffisants, le peuple eût été avec nous! mais nous n’avions encore que des prétextes, comme ceux qu’on cherche pour se battre avec un homme dont la figure vous déplaît. Il est bien vrai que la figure d’un homme et ses paroles montrent et prouvent ce qu’il est, et qu’un jour ou l’autre, s’il est un coquin, l’honnête homme aura le droit de le châtier. Mais il faut qu’il y ait eu des actions bien graves et bien concluantes, autrement, notre précipitation est un procès de tendance, une injustice contre laquelle la conscience humaine se révolte. Voilà pourquoi les clubs ont été seuls au 15 mai.

Au milieu de tout cela, vous, décidé comme moi à attendre tout du temps, et de la maturité de la question sociale (vous l’aviez dit devant moi, l’avant-veille, à votre club), vous avez fait ce que j’eusse probablement fait à votre place; on vous a dit: « C’est une révolution, le peuple le veut, le peuple triomphe; abandonnez-le ou marchez avec lui ». Vous avez accepté l’erreur et la faute du peuple, et vous avez voulu suivre son mouvement pour l’empêcher d’abuser de sa force s’il était, vainqueur, ou pour périr avec lui s’il était foudroyé.

J’oserai vous dire que je regrette que vous n’ayez pas voulu accepter les débats: vous ne vous seriez pas défendu il n’y a pas de danger qu’on vous y prenne, pauvre cher martyr! mais vous auriez eu l’occasion de faire entendre des paroles utiles. Il est vrai qu’il vous eût fallu peut-être séparer votre cause de celle de certains coaccusés, lesquels, plus coupables peut-être que vous, se défendent bel et bien aujourd’hui. Je ne puis être juge de vos motifs personnels, et j’ai d’avance la certitude que vous avez pris, comme à l’ordinaire, le plus noble et le plus généreux parti.

Ce que je n’ai jamais bien compris et ce que vous m’expliquerez seulement quand nous nous verrons,–car, jusque-là, soyez tranquille, j’accepterai tout de vous avec la confiance la plus absolue dans vos intentions,–c’est le vote du milliard. Vous pensez bien que je ne m’occupe pas de la chose en elle-même; mais je ne comprends pas bien l’opportunité politique de cet appel, rémunératoire en un pareil moment.

Les représentants réactionnaires eussent-ils voté sous le coup de la peur comme en prairial, ils devaient certainement agir ensuite comme leurs pères, c’est-à-dire provoquer un contre-coup et se parjurer le plus tôt possible. La dissolution de l’Assemblée par la force me paraîtrait plus logique, si je reconnaissais qu’on en eût eu le droit à ce moment-là. Mais pourquoi cette proposition d’impôt au milieu d’un tumulte encore sans issue et sans couleur arrêtée? Était-ce pour sauver l’Assemblée, en lui offrant ce moyen de transaction avec la masse irritée? Était-ce pour apaiser cette masse et l’empêcher de demander davantage?

C’est là, je crois, le grand grief des réactionnaires contre vous, car le fait d’aller à l’hôtel de ville pour maîtriser ou diriger un mouvement accompli pour ainsi dire malgré vous, est un acte dont les plus hostiles devraient vous innocenter dans leur propre intérêt. Ils ne vous pardonneront pas le milliard, et vous ne voulez point qu’ils vous pardonnent rien, je le conçois. J’ai été bien tourmentée du désir de prendre ouvertement votre défense dans un écrit spécial, auquel j’aurais donné, dans un moment décisif, le plus de retentissement possible; mais il aurait fallu que vous y consentissiez d’abord, et j’en doutais; d’autre part, il aurait fallu savoir à fond ce que vous vouliez dire de tout cela au public indépendant. Je me suis trouvée dans un cercle vicieux; car, selon toute apparence, une défense, au point de vue de mon amitié et de ma sollicitude, vous eût déplu, et une défense, selon toute la portée de votre franchise, vous eût fait condamner d’avance par ceux de qui dépend aujourd’hui votre liberté. Je me suis trouvée bien malheureuse de ne pouvoir rien faire pour vous prouver mon affection et mon admiration, sans risquer de vous nuire ou de vous déplaire. Peut-être ai-je une propension de caractère vers des moyens plus réguliers et plus lents que ceux que vous accepteriez dans la pratique.

Thoré me reprochait, dit-on, ma tolérance et mon optimisme dans les faits. Je ne crois pourtant pas être en désaccord avec vous en théorie, et je reste sur ce souvenir d’un dernier soir d’entretien dans ma mansarde, où vous rejetiez l’idée d’une dictature pour notre parti, parce que la dictature était impossible sans la terreur, et la terreur impossible par elle-même en France désormais.

Nous avons bien la preuve de cette impossibilité, aujourd’hui que nous voyons la nation se républicaniser et se socialiser plus rapidement et plus généralement, sous l’arbitraire de la réaction, que nous n’avons réussi à le faire quand nous avions le haut du pavé. Il nous faut donc reconnaître que les temps, sont changés, que la terreur, moyen extrême, qui n’a pas fait triompher nos pères, et qui n’a eu, après tout, qu’une courte durée suivie d’une longue et profonde réaction, n’est plus au nombre des moyens sur lesquels les révolutionnaires d’aucun parti puissent compter. Il reçoit en ce moment son coup de grâce entre les mains de nos adversaires; Dieu soit loué, que ce soit entre les leurs et non entre les nôtres!

Vous disiez dans cette mansarde, je m’en souviens bien: « La terreur! cela se supporterait maintenant un mois tout au plus, et, après, nous aurions peut-être vingt ans de monarchie ». En! bien, nous pouvons aujourd’hui retourner la question. Cavaignac nous a fait une terreur militaire au point de vue de la République bourgeoise. Le socialisme s’est, pour ainsi dire, joint à la réaction royaliste et impérialiste pour le renverser. Cette réaction nous fait à son tour une petite terreur dans le goût de 1815. Le socialisme, la montagne, l’armée, le peuple, tout gronde contre elle, même les modérés, même une partie de la bourgeoisie. On n’attend plus que le réveil et le désabusement du paysan pour souffler sur cette force dérisoire. Et alors, si jusque-là nous avons le bonheur de résister aux provocations, si nous avons la force et la vertu de subir pour un temps les persécutions et la misère, nous n’aurons plus besoin de cette arme impuissante et dangereuse de la terreur.

Les Français jouissent depuis un quart de siècle d’une sorte de liberté, constitutionnelle, qui est une hypocrisie, j’en conviens, si on songe à l’avenir, mais qui est du moins une réalité si on la compare au passé. Leurs mœurs se sont faites à cette liberté; seulement avec eux, il faut tenir la balance égale entre le plus et le moins: plus les effraye, et voilà leur faiblesse; mais _moins_ les révolte, et là est leur force contre tous les moyens empruntés au passé.

Je ne suis pas d’accord avec tous mes amis sur ce point. Plusieurs rêvent les moyens du passé pour l’avenir; vous savez si je respecte et si je défends le passé; mais je crois être dans la vérité en constatant que le présent diffère essentiellement, et qu’il ne nous faut rien recommencer, rien copier, mais, tout inventer et tout créer. Je suis bien d’accord avec eux sur la souveraineté du but, et le proverbe «Qui veut la fin veut les moyens» est vrai. Seulement, il ne faut pas l’étendre jusqu’à dire aujourd’hui: «Qui veut une fin d’avenir et de progrès veut les moyens du passé,» parce que le passé est toujours rétrograde, quoi qu’on fasse.

Mais je me suis laissé entraîner à vous parler de ce qui devrait rester étranger à notre correspondance; car vous êtes assez livré à vos pensées, et vous auriez besoin en prison de témoignages de tendresse beaucoup plus que de discussions politiques. Je m’étais promis de ne vous en jamais fatiguer, et vous vous souvenez qu’à Paris même, j’aurais voulu que ceux qui vous aiment vous parlassent au moins deux heures par jour de la pluie et du beau temps, pour vous forcer à vous reposer l’esprit. Si j’ai fait la faute que je reprochais aux autres, c’est pour n’y plus revenir, et c’est par suite d’un besoin que j’éprouve de me résumer avec vous en ce moment solennel qui va peut-être nous séparer encore pour un temps, je ne dirai pas plus ou moins long, mais plus ou moins court.

Faites-moi donner un moyen de pouvoir correspondre avec vous d’une manière prompte et discrète autant que possible, partout où vous serez.

Le livre que je vous ai envoyé a un autre mérite que celui de l’édition Elzévir, c’est l’œuvre d’un premier chrétien persécuté par le vieux monde, alors que le christianisme et la papauté elle-même représentaient le progrès et l’avenir. C’est l’œuvre d’un prisonnier et d’un martyr. Il y a de belles choses et un mélange de christianisme et de paganisme assez curieux, c’est-à-dire l’idée chrétienne et la force païenne, ce qui marque un temps de transition comme le nôtre. Je ne sais pas si vous êtes plus latiniste que moi; ce ne serait pas dire beaucoup plus que zéro. Mais ce latin est facile, et le latin est une langue qu’on se remet toujours à comprendre en peu de jours. Ensuite, c’est un de ces livres à consulter plus qu’à lire, et enfin je vous l’ai envoyé comme je vous aurai envoyé une bague, n’ayant que cela de portatif sous la main. Si vous avez besoin de livres pour de bon, faites-le moi dire, et je vous enverrai ce que vous désirerez.

Adieu; ne me répondez que quand vous avez le désir et le besoin. C’est un bonheur pour moi qu’une lettre de vous; mais je ne veux pas que ma joie vous coûte un effort ou une fatigue.

Aucante, qui a vu votre sœur, ne me fait pas espérer qu’elle puisse venir me voir. J’en éprouve un vif regret. Dites-le-lui bien; mais qu’elle me laisse l’espérance de la connaître dans des temps meilleurs, et viennent bientôt ces jours-là! Je sais que c’est une femme d’un caractère admirable et qui vous aime comme vous devez être aimé. Je vous charge de l’embrasser pour moi, elle ne peut point refuser l’intermédiaire. Je vous charge aussi de me rappeler au souvenir du brave citoyen Albert, votre compagnon de malheur et de courage, et de lui serrer pour moi la main d’aussi bon cœur et avec autant de foi et d’espérance que je la lui ai serrée au Luxembourg.

Maurice vous embrasse tendrement, Borie aussi. J’ai reçu de Paris ce matin une longue lettre de Marc Dufraisse, qui m’avait promis de me rendre bon compte de vous et qui m’en donne douze pages. Vous voyez si nous nous occupons de vous.

Adieu encore, ami. Faites que je puisse vous écrire quelquefois. Je ne vous recommande pas le courage, vous n’en avez que trop pour ce qui vous concerne. Rappelez-vous seulement que je vous aime du meilleur de mon âme.

GEORGE.

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